Réduire l’impact environnemental – quelques considérations simples

Thierry Braine-Bonnaire, MECD

Mots-clé  : développement durable, éco-matériaux, recyclage, valorisation

 En raisonnant de façon qualitative, avec les mains, sans se préoccuper d’adopter une métrique fine, on peut décrire l’impact sur l’environnement d’une production humaine comme une fraction du type :

Pour diminuer cet impact, deux options se présentent sans s’exclure, bien au contraire : réduire le numérateur ou augmenter le dénominateur !

S’agissant du dernier point, on comprend bien qu’accroître la durée de vie d’un bien fait qu’il est moins souvent nécessaire de le remplacer. De la même façon, partager son utilisation à plusieurs permet d’en fabriquer moins (un exemple classique dans le domaine du bâtiment est celui du parking de l’immeuble de bureau qui, le soir et le week-end, est utilisable par les habitants des immeubles voisins). L’économie du partage, en plein essor, croisée avec le développement d’applications conviviales exploitant les données massives et les outils de l’intelligence artificielle, contribue à cette réduction du dénominateur.

Pour diminuer le numérateur, il est possible de travailler sur plusieurs postes : la sobriété en matière de consommation de ressources (par exemple via l’amélioration du rendement des procédés), la migration vers des ressources plus renouvelables (biosourcées ou issues du recyclage), l’utilisation de ressources (y compris l’énergie) moins émettrices de gaz à effet de serre, la limitation de la production de déchets ou la valorisation de ceux-ci en ressources utiles à d’autres.

S’agissant du secteur de la construction, que l’on y parle d’un produit, d’un système constructif ou d’un bâtiment, ces principes s’appliquent tout naturellement. À l’échelle du bâtiment, il convient néanmoins de remarquer que, contrairement à ce que l’on observe dans d’autres secteurs d’activité, l’impact environnemental durant la vie en œuvre n’est pas négligeable vis-à-vis de celui lié à sa production et à sa fabrication.

Les quatre cents chercheurs de l’Institut aident leurs clients, acteurs de la construction, à créer ou à améliorer leurs produits, systèmes et ouvrages et, en particulier, à en réduire l’impact environnemental. Pour ce faire, ils travaillent sur le numérateur et le dénominateur de la fraction ci-dessus.

Quelques exemples de travaux, à titre d’illustration :

  • La valorisation des éco-matériaux et des produits issus de la déconstruction dans des produits aux caractéristiques maîtrisées,
  • L’amélioration de la durabilité des matériaux qui permet un accroissement de la durée de vie des ouvrages les intégrant,
  • La préfabrication, en usine ou atelier, qui réduit le volume des déchets et, ce faisant, optimise l’exploitation des ressources,
  • Le développement de solutions de rénovation, de transformation de l’existant, de flexibilité permettant une évolution des usages contribue également à accroître la durée de vie,
  • Les systèmes constructifs multi-matériaux et démontables conçus dans le cadre du projet Démodulor illustrent bien comment l’on peut travailler simultanément à une réduction du numérateur et à un accroissement du dénominateur.

À travers cette offre riche, MECD aide ses clients à anticiper la future réglementation, qui incorporera, en sus de l’énergie, incorporera un volet environnemental. Pour celle-ci, le label Bâtiment à Énergie Positive & Réduction Carbone (E+C) constitue un marchepied pédagogique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *